Cahier repère: Mes conflits
Un outil complet et concret pour aider le jeune à comprendre ce qui se passe dans un conflit, mieux gérer la montée émotionnelle, reconnaître sa part de responsabilité et développer davantage de solutions pour la suite.
Un conflit ne se résume pas toujours à savoir qui a commencé ou qui avait raison. Plusieurs éléments peuvent s’entremêler : ce qui s’est réellement passé, l’interprétation de chacun, les émotions, les besoins, les réactions, le contexte et ce qui fait ensuite monter la tension.
Le Cahier repère : Mes conflits accompagne le jeune à travers toutes ces dimensions afin qu’il puisse progressivement comprendre ses conflits plutôt que simplement les subir ou les répéter.
Rejouer la scène
Une première fiche invite le jeune à raconter la situation en distinguant ce qui s’est passé avant le conflit, pendant et à la fin, sans chercher immédiatement qui avait raison ou tort.
Le défi proposé est simple : raconter ce qu’une caméra aurait pu voir ou entendre, sans accusation. Cette approche aide à revenir aux faits avant de travailler les interprétations.
Comprendre ce que chacun vivait
Deux personnes peuvent traverser la même situation de manière très différente.
Le cahier permet donc d’explorer :
💭 ce que je voulais;
❤️ ce que je ressentais;
🧩 ce dont j’avais besoin;
👀 ce que l’autre voulait, ressentait ou pouvait avoir besoin.
Une idée importante accompagne cette réflexion : comprendre l’autre ne signifie pas lui donner raison.
Repérer le cercle des conflits répétés
La roue des conflits répétés aide à illustrer comment un conflit peut devenir circulaire :
Déclencheur → interprétation → réaction → amplification → nouveau déclencheur.
Cette représentation permet de déplacer la réflexion de « Qui a commencé? » vers « À quel endroit pouvons-nous interrompre le cercle? »
Identifier mes accélérateurs
Le jeune peut ensuite repérer ce qui fait rapidement monter la tension chez lui : se sentir incompris ou accusé, être interrompu, le ton de l’autre, la fatigue, la faim, le sentiment d’injustice, vouloir avoir le dernier mot, une vieille frustration qui revient ou encore être devant d’autres personnes.
L’objectif est de reconnaître ses propres accélérateurs afin de mieux intervenir avant que le conflit prenne toute la place.
Mon thermomètre du conflit
Une échelle de 1 à 10 permet au jeune de situer son niveau de tension :
🌿 1 à 3 : je peux encore discuter
⚠️ 4 à 6 : ça commence à monter
🔥 7 à 10 : je risque de déborder
Le jeune identifie ce qu’il remarque, ce qu’il peut encore faire et ce dont il a besoin lorsque l’intensité devient élevée.
Apprendre à gérer l’émotion avant de régler le problème
Le cahier propose une démarche en quatre étapes :
- Je remarque les signes de tension dans mon corps.
- Je prends une pause lorsque je suis trop activé pour continuer.
- Je choisis une stratégie qui fonctionne pour moi.
- Je reviens lorsque ma tension a suffisamment diminué pour discuter, écouter, chercher une solution ou réparer.
Une phrase résume bien cette partie :
Se calmer ne règle pas le conflit. Cela nous donne le pouvoir de le régler.
La pizza des responsabilités 🍕
Parce qu’un conflit implique rarement une seule « part », le cahier utilise la métaphore de la pizza des responsabilités.
Le jeune est invité à distinguer :
🍕 ce qu’il a lui-même fait ou dit;
🍕 ce que l’autre a fait ou dit;
🍕 ce qui appartient au contexte;
🍕 ce que les adultes ont fait ou auraient pu faire pour aider.
Une deuxième fiche permet même de dessiner les différentes parts de la pizza selon la situation, plutôt que de supposer que chacun porte automatiquement la même responsabilité.
Le rappel central est :
« Prendre ma part, ce n’est pas prendre toute la pizza. »
Le jeune est responsable de ses actions, de ses paroles, de ses choix et des réparations qu’il peut poser, mais pas des émotions de tout le monde ni du contrôle de la réaction de l’autre.
Transformer le conflit en apprentissage
Une fiche permet ensuite de comparer :
ce que j’ai dit ou fait → ce que j’aurais peut-être voulu dire ou faire → ce que je peux essayer la prochaine fois.
L’idée n’est donc pas seulement de revenir sur l’erreur, mais d’aider le jeune à préparer une autre réponse possible pour l’avenir.
La grande roue des solutions
Le cahier propose aussi une roue comprenant plusieurs possibilités lorsque le jeune est pris dans un conflit :
🎡 prendre une pause;
💬 expliquer son point de vue;
👂 écouter la version de l’autre;
🔄 chacun son tour;
🤝 trouver un compromis;
💡 changer de solution;
🙋 demander de l’aide;
🛠️ réparer;
🍃 lâcher prise;
✋ poser une limite;
⏸️ reporter la discussion;
🧩 nommer son besoin.
Une version vierge permet également d’ajouter les solutions personnelles du jeune.
Le laboratoire des solutions 🧪
Parce qu’une stratégie qui fonctionne dans une situation ne fonctionnera pas nécessairement dans toutes les autres, le jeune peut tester jusqu’à cinq solutions et observer celles qui l’aident réellement.
Cette approche encourage à essayer, observer, ajuster et recommencer, plutôt que de chercher une seule solution parfaite.
La roue de la réparation
Enfin, le cahier aide à réfléchir à ce qui peut être fait après le conflit : reconnaître son geste, écouter comment l’autre l’a vécu, présenter des excuses sincères, réparer ou remplacer quelque chose, refaire un geste autrement, clarifier un malentendu, respecter une limite, proposer une solution pour la prochaine fois ou encore laisser du temps à l’autre.
Cet outil peut notamment aider à :
- revenir sur un conflit de façon plus objective;
- distinguer les faits des interprétations;
- comprendre son propre vécu et celui de l’autre;
- repérer les conflits qui se répètent;
- reconnaître ce qui fait monter la tension;
- identifier ses signes avant le débordement;
- apprendre à prendre une pause et à revenir au conflit ensuite;
- développer des stratégies de régulation émotionnelle;
- reconnaître sa part de responsabilité sans prendre toute celle des autres;
- développer davantage de solutions;
- préparer une réaction différente pour la prochaine fois;
- apprendre à réparer après un conflit.
L’objectif n’est pas d’éliminer tous les conflits. Il s’agit plutôt d’aider le jeune à développer suffisamment de repères pour pouvoir comprendre ce qui s’est passé, ralentir l’escalade, prendre sa part et trouver une façon plus constructive d’avancer.
Cahier repère : des outils pour réfléchir, comprendre et avancer.